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BERTHE MORISOT

Du 20 juin 2002 au 19 novembre 2002
Tous les jours de 9h00 à 19h00

 

Berthe Morisot n’est pas une inconnue à Martigny.
En 1996, lors de la rétrospective Manet à la Fondation, le célèbre tableau "Berthe Morisot au bouquet de violettes ", décliné dans les noirs admirables de Manet, avait livré au public ce regard intense et plein d’ardeur de cette jeune artiste, dont le peintre a traduit, avec ses pinceaux, la forte personnalité.

Née en 1841 à Bourges, d’un père préfet, Berthe Morisot, après une enfance passée en province, habitera à Passy dès 1855.
De bonne heure, elle témoigne d’un certain don et d’un vif intérêt pour la peinture.
En 1857, avec ses deux sœurs elle prend ses premiers cours de dessin chez Chocarne puis chez Joseph Guichard, élève d’Ingres et de Delacroix. Ce nouveau professeur va encourager Berthe et sa sœur Edma à copier les chefs-d’œuvre du Louvre.
Est-il besoin de rappeler que l’Ecole des Beaux-Arts n’acceptera le sexe faible qu’à partir de 1897 ! Elle rêve de paysages, d’espace et surtout de s’éloigner de la peinture d’atelier et de l’académisme. Guichard lui présente alors Camille Corot, adepte avant la lettre de la peinture en plein air sur le motif. Les deux sœurs travaillent avec ardeur à Ville d’Avray où réside Corot. Il se révèle un maître exigeant et leur présente Achille Oudinot.

Berthe et Edma travaillent auprès d'Achille Oudinot.
Ce dernier leur fait rencontrer Charles Daubigny. Elles exposent pour la première fois au Salon en 1864.
C’est la même année, lors de vacances en Normandie, qu’elles se lient avec le peintre Léon Riesener, dont Berthe Morisot recherche les avis éclairés. Les parents de Berthe reçoivent chaque semaine de nombreux artistes, peintres et musiciens à la rue Franklin, source d’enrichissement exceptionnelle pour les enfants Morisot.

En 1865, Tiburce Morisot fait construire un atelier pour ses deux filles dans le jardin de la maison. En 1865, lors du Salon, un critique relève "un délicat sentiment de la couleur et de la lumière " dans les tableaux de Berthe. En 1867, sa palette s’affirme en faisant chanter les couleurs claires avec un sens très personnel de la lumière

LA GRANDE DAME DE L'IMPRESSIONNISME


En 1868, Fantin-Latour présente, au Louvre, Edouard Manet à Berthe Morisot. Très vite le courant passe et Berthe, captivée par la personnalité et l’œuvre de son illustre aîné, devient son modèle, celui que Manet peindra le plus ! Berthe Morisot subit l’ascendant de Manet mais ne sera jamais son élève, par contre elle nourrit une grande admiration pour son art.

Morisot est dévorée par la peinture à laquelle elle voue toutes ses journées et fréquente de plus en plus les artistes. En 1869, un séjour chez sa sœur Edma mariée à Lorient inspire à Berthe Morisot des huiles où l’observation pleine de rigueur du paysage et la présence féminine d’Edma se conjuguent avec un sentiment de rêverie.
En juillet 1870, dans la paix du jardin de la rue Franklin, la guerre franco-prussienne éclate troublant la douce harmonie des tableaux de Berthe Morisot et mobilisant entre autres Manet, Degas, Bazille et Renoir. Berthe Morisot refuse l’exil et reste quelque temps rue Franklin.

Les privations, le froid, l’incessant vacarme des bombardements affectent sa santé ; elle ne se remettra jamais complètement des toutes ces privations.
La famille Morisot se réfugie à Saint-Germain-en-Laye, Berthe rêve de marines, l’inaction lui pèse, et elle part rejoindre sa sœur à Cherbourg. Pour rendre la fluidité de l’eau et traduire la mouvance de la mer, Berthe Morisot couvre la toile de petites touches séparées pleines de lumière.

Séduite par l’aquarelle, elle s’y adonne avec ardeur ; sa palette s’éclaircit. En 1872, lors d’un séjour à Madrid, Berthe Morisot découvre Vélasquez et Goya. En 1873, le jury du Salon n’accepte qu’une œuvre de Morisot et des travaux d’autres peintres sont refusés.
Une vague de protestations pousse un groupe d’artistes mécontents tels que Monet, Pissarro, Sisley, Degas, Renoir, à créer une "Société anonyme coopérative d’artistes peintres et sculpteurs " qui exposent leurs œuvres du 15 avril au 15 mai 1874 dans les ateliers du photographe Nadar. Le tableau de Monet "Impression, soleil levant " va donner le nom au mouvement impressionniste. Avec des œuvres, comme "Le Berceau ", ou "La Lecture", exposés à Martigny, Berthe Morisot participe à cet événement qui attira plus de trois mille personnes en un mois.

Sa présence symbolise l'indépendance, son ancien professeur Guichard est horrifié, mais avec la liberté d’esprit qui caractérise Berthe Morisot, elle exposera régulièrement avec le groupe. En 1874, Berthe Morisot épouse le frère de Manet, Eugène, peintre amateur, fréquentant également les milieux littéraires. Eugène et Berthe passent l’été 1875 à l’île de Wight qui inspire de belles huiles à la jeune épouse qui s’affirme de plus en plus comme une coloriste d’exception.
L’unique fille du couple, Julie naît en 1878 et devient un sujet d’émerveillement et un modèle pour sa mère. Elle participe à toutes les expositions impressionnistes sauf à celle de 1879 car elle n'a pas assez de nouvelles toiles après la naissance de Julie.

En 1880, Berthe Morisot semble avoir atteint sa maturité. Lors de la cinquième exposition des Impressionnistes, elle en sera même une des vedettes. Les compositions de ses toiles atteignent un bel équilibre avec une certaine nervosité de la touche et une harmonie dans les couleurs. On découvre également ce qui caractérise dès lors son œuvre, un sens très personnel de la transparence. De ses aquarelles, art où Berthe Morisot excelle, se dégage une subtilité spontanée pleine de charme. En 1892, Berthe Morisot perd son mari qui rejoint, au cimetière de Passy, son frère Edouard.
Elle se refuse à la nostalgie et passe beaucoup de temps à peindre, très entourée par Monet, Renoir, Degas et Mallarmé. Elle a chez Bussod et Valadon sa 1ère exposition personnelle, du 25 mai au 18 juin 1892, qui rencontre une véritable reconnaissance tant auprès des artistes que des amateurs. En 1894, elle expose à la Libre Esthétique à Bruxelles, notamment "Intérieur " à Jersey, représenté à Martigny, et remporte un grand succès. La même année, l’Etat français lui achète grâce à Mallarmé un tableau "Le Bal ", également accroché à Martigny.

Ce seront les dernières joies, en février 1895 elle s’alite pour une grippe, une pneumonie l’emporte à l’âge de 54 ans. En 1896 lors de la rétrospective posthume chez Durand Ruel, la critique et les amateurs d'art sont unanimes à reconnaître son talent et sont même étonnés que son art soit resté aussi peu connu du grand public. La fraîcheur de son œuvre, sa façon délicate de piéger la lumière, la sensualité de sa gamme chromatique, font d’elle une artiste qui peint juste, simple et dont l’intimité ainsi que le bonheur mesuré se glissent dans la vie quotidienne.

L’exposition rassemblera 140 œuvres : huiles, pastels, aquarelles, pointes sèches, un buste et un relief montrant toutes la diversité et les recherches formelles de Berthe Morisot. Cette exposition, dont le commissariat scientifique et la rédaction du catalogue ont été confiés à Hugues Wilhelm et Sylvie Patry, est organisée avec le Musée des Beaux-Arts de Lille.

 

 

Le catalogue français "Berthe Morisot"

largement documenté, reproduit en couleurs chaque œuvre exposée

Auteurs:

Sylvie Patin, Sylvie Patry, Hughes Wilhelm
Pages: 464 pages, français
Prix: broché SFr. 45.-, € 31,50

relié SFr. 58.-, € 40.--



 

Un soutien de

 


Femme à l'éventail ou tête de jeune fille, 1876
Collection Mme Alexander Lewyt
New York


Le berceau, 1872
Huile sur toile, 46x46 cm
Musée d'Orsay
Paris


Les lilas à Maurecourt, 1874
Huile sur toile
Collection particulière


Julie au violon, 1893
Huile sur toile, 65x54 cm
Collection particulière


Devant la psyché
Huile sur toile, 55x46 cm
Collection Fondation Pierre Gianadda


La fable
Huile sur toile, 65x81 cm
Collection particulière


Jeune femme en toilette de bal, 1879
Huile sur toile, 71x54 cm
Musée d'Orsay
Paris


La lecture ou l'ombrelle verte, 1873
Huile sur toile
Museum of Art
Cleveland


Dame et enfant sur la terrasse, 1871-1872
Huile sur toile,60x50 cm
Collection particulière


Enfant dans les roses trémières, 1881
Huile sur toile,50x42 cm
Wallraf Richartz Museum,
Fondation Corboud