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Nicolas de Staël 1945 - 1955

18 juin – 21 novembre 2010
tous les jours de 9 h à 19 h

La Fondation Pierre Gianadda présente pour la deuxième fois depuis 1995 une importante rétrospective du peintre Nicolas de Staël, un des artistes européens les plus influents de la période de l’après-guerre. Le commissaire de l’exposition, Jean-Louis Prat, a choisi de focaliser cette présentation sur 10 ans, 10 ans intenses où l’artiste crée un langage radicalement nouveau entre abstraction et figuration.

L’exposition réunit une centaine d’oeuvres en provenance des plus grandes collections publiques et privées d’Europe et des Etats-Unis (notamment : Centre Georges Pompidou, Paris ; Henie-Onsad Art Centre, Norvège ; Kunsthaus, Zurich ; Kunstmuseum, Berne ; The Phillips Collection, Washington) et de la famille de l’artiste.

Petits et grands formats, tous les thèmes sont abordés : la Nature, paysages d’Agrigente, nus, footballeurs… La juxtaposition d’oeuvres très connues et de quelques découvertes engendre une lecture différente de l’oeuvre.

Victime des profonds bouleversements que traverse la Russie à partir de 1917, Nicolas de Staël âgé de cinq ans, connaît en 1919, avec sa famille les affres douloureuses de l’exil en Pologne. En l’espace d’à peine une année, en 1921 et 22, le jeune Nicolas perd ses parents. Les trois orphelins sont confiés à une famille russe de Bruxelles, les Fricero, riches et hospitaliers. A dix ans, il entre chez les Jésuites et à partir de seize ans, se passionne déjà pour la peinture qu’il pratique. A partir de 1933 à 1936, il suit les cours de l’Académie royale des Beaux-Arts et celle de l’Académie Saint-Gilles, il s’initie au dessin antique, et ponctue ses études de voyages en Hollande, en Espagne et au Maroc. En 1937, il rencontre une jeune femme peintre, Jeannine Guillou qui deviendra sa femme.

L’année suivante, avec Jeannine, Nicolas parcourt l’Italie, s’enthousiasme pour les primitifs, mais reconnaît, que les vieux Flamands et les Hollandais « sont plus proches de son coeur ». A Paris, il travaille en 1938 trois semaines dans l’atelier de Léger.

La guerre éclate, et Nicolas de Staël, s’engage dans la Légion étrangère, courte aventure car il est démobilisé en 40 et rejoint Jeannine à Nice. C’est dans cette ville que naît Anne, en 1942. C’est précisément cette année là que Staël, commence réellement à peindre des oeuvres qui ne rappellent en rien les dessins des débuts. Orienté par Magnelli, Arp ou Le Corbusier, Staël peint ses premières toiles non figuratives, oeuvres atypiques, géométriques, des formes qui s’entrecroisent, des griffures et des hachures qui animent la surface, dans des tons plutôt sombres. L’important, c’est un style qui se précise. Il intéresse la galériste Jeanne Bucher qui ac-croche en 1944 à ses cimaises des peintures et des dessins de Staël entre Magnelli et Kandinsky. A cette époque le peintre vit avec sa famille à Paris, gagne l’amitié de Braque et expose pour la première fois seul à la galerie l’Esquisse.

Mais le couple Staël vit dans une pauvreté qu’accentue l’occupation. Les acheteurs sont rares, la famille souffre du froid et de la faim qui ne sont pas étrangers à la mort de Jeannine en 1946. Sa peinture jusque là s’exprime avec des traits violents, souvent noirs, l’abstraction se révèle profonde, l’intensité du geste est palpable, témoin d’un tempérament excessif.

A partir de 1947, la palette s’éclaircit, et on assiste à une évolution sûre, favorisée par son mariage avec Françoise Chapouton, qui lui donne trois enfants, et son installation dans un atelier spacieux rue Gauguet. Les soucis matériels s’éloignent et des séjours à la montagne lui inspirent des lumières nouvelles. Apparaissent dès 1950 des formats plus grands, une matière généreuse souvent appliquée au couteau, d’où jaillissent des jaunes éclatants et des rouges vifs. La réussite de Staël à cette époque s’inscrit dans la reconnaissance de l’abstraction. Mais Staël, continue à proclamer : « Toujours, il y a un sujet, toujours… ». Les grands plans juxta-posés s’imbriquent les uns dans les autres, mais l’inspiration reste le motif : les arbres devien-nent des verticales, les massifs des courbes, Staël pose son oeil inspiré sur la nature. Les gran-des expositions se succèdent à New York, Paris et Londres. Il entre au Musée d’art moderne et dans les collections anglaises et américaines. Le 26 mars 1952, Nicolas assiste au match France-Suède en nocturne au Parc des Princes. Peintre jusqu’au bout du pinceau, il déclare : « Entre ciel et terre sur l’herbe rouge ou bleue, une tonne de muscles voltige en plein oubli de soi…Alors j’ai mis en chantier toute l’équipe de France… » Suivent vingt-quatre tableaux où le peintre explore toutes les possibilités révélées lors de ce fameux match dont « Les Footbal-leurs » de 1952 de la Fondation Pierre Gianadda. Le bleu outremer et le rouge de cadmium s’entrechoquent, rythment la rencontre, le blanc calme et harmonise la violence des contrastes ou verticales et horizontales s’affrontent. En 1953, Staël achète le Castellet à Ménerbes, an-cienne maison fortifiée, et y réside jusqu’en septembre 1954 où il s’installe à Antibes .Sa technique se modifie, sa matière devient plus fluide.

Les Nus le préoccupent et semblent hanter son univers pictu ral. Aux couleurs stridentes répondent des bleus calmes qui ont la couleur de l’azur. La figuration se fait plus palpable. Comme surgi de la terre avec une puissance chtonienne, « Nu couché bleu, 1955 » appartient par certains côtés encore à l’abstraction mais rejoint malgré tout la figuration. Confrontation abstraction / figuration, Staël a porté en lui cette contradiction jusqu’au vertige dans une aven-ture dont l’œuvre sort vainqueur et le peintre anéanti. Nicolas de Staël se donne la mort le 16 mars 1955 à Antibes. Il avait écrit à sa soeur religieuse « Dieu que c’est difficile la vie ! Il faut jouer toutes les notes, les jouer bien… »

La rétrospective de la Fondation Pierre Gianadda réunit les principaux chefs-d’œuvre de Ni-colas de Staël, en provenance des plus grandes collections publiques et privées d’Europe et des Etats-Unis (notamment : Centre Georges Pompidou, Paris ; Henie-Onsad Art Centre, Norvège ; Kunsthaus, Zurich ; Kunstmuseum, Berne ; The Phillips Collection, Washington) et de la famille de l’artiste. Le commissariat de l’exposition est assuré par M. Jean-Louis Prat.

Le catalogue de l’exposition reproduit en couleurs toutes les œuvres exposées et comprend des textes de divers auteurs et spécialistes, qui éclairent les multiples facettes de Nicolas de Staël. Prix de vente CHF 45.-- (env. € 30.--).

Partenaire principal de la Fondation Pierre Gianadda

Suzanne Auber

2 octobre - 1er novembre 2010
Tous les jours de 10 h à 18 h
Au Vieil Arsenal

Suzanne Auber est née à Martigny en 1932, elle partage sa vie de peintre entre le Valais, la Bretagne et Paris. Elle suit les cours de l’Ecole des Arts et Métiers de Vevey de 1950 à 1953. Elle se consacre dès 1977 exclusivement à la peinture. Après sa rétrospective au Musées des beaux-arts de Sion en 1990, son exposition monographique au Musée Jenisch de Vevey en 2002, la Fondation Pierre Gianadda se réjouit de présenter ici un important groupe de ses peintures récentes de très grands formats, ainsi qu’une suite de nombreuses peintures sous verre de ces toutes dernières années.
Nicolas Raboud

Regarder les toiles de Suzanne Auber c’est écouter des poèmes. Puis c’est en pensant aux vitraux que l’on accepte de mieux regarder. Les couleurs et les nuances, même les plus subtiles, ont acquis une nouvelle puissance. La lumière annonce les reflets ; ces reflets que l’on ne peut admettre que dans les rêves. Dans l’univers onirique qui impose une réflexion, au sens exact du terme, on est contraint de se souvenir. Cependant on n’est pas déconcentré, parfois surpris mais soudain ébloui. Impossible d’oublier lorsque l’on a regardé une des toiles de Suzanne Auber l’impression qu’on vient de découvrir une vision nouvelle d’un monde où les couleurs ont une autre valeur, une autre puissance que celles que la vie quotidienne , la grisaille de chaque jour nous impose tyranniquement.
C’est un envoutement. La peinture, elle-même, est envoutée mais elle a gardé sa lucidité. Elle sait que sa peinture est dominée par la clairvoyance et par la recherche d’un équilibre. Mais c’est aussi une aventure. Il faut accepter la servitude du regard et refuser les ruses de la mémoire. La spontanéité, l’audace et le courage de Suzanne Auber nous obligent à reconnaître ce qu’il y a de neuf, d’original et d’authentique dans cette peinture qui ne subit aucune influence sauf celle qui nait de son étrange personnalité ; personnalité hors-série, fascinante.
Philippe Soupault


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Plus d’informations sur www.cff.ch/gianadda