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Sam Szafran



19 novembre 1999 - 23 janvier 2000
chaque jour de 10h à 12h et de 13h30 à 18h.



Quatre thèmes dans l'œuvre de Sam Szafran par Jean Clair Le jardin clos - On découvrira l'une des œuvres les plus secrètes et les plus poétiques de ce temps.

On le connaît peu, car peu en a été montré. Aucune rétrospective ne l'avait honorée. A part quelques dessins abstraits des années cinquante, elle est demeurée résolument figurative et, à ce titre, a récemment été jugée "inclassable". Ceux qui la collectionnent, dont quelques représentants des plus grandes collections françaises, anglaises et américaines, la conservent avec un soin jaloux.

Les ateliers - Les ateliers de Szafran sont d'abord des désastres. La nuée obscure les menace, la pluie les inonde, la neige tombe sur eux, le vent les ravage. Sous l'orage, tout est jeté pêle-mêle, les meubles, les tréteaux, les tables, les cadres, les feuilles. Le peintre lui-même est pris par le tourbillon. Il est délogé, expulsé, rejeté hors du champ. On ne voit plus de lui qu'une main, dans l'angle inférieur gauche, qui, comme un sismographe, enregistre les tremblements de terre, trace les progrès de la destruction. Ainsi, après beaucoup d'errances, de la Pologne à l'Australie, Szafran a t'il rebâti cette demeure où, dans le poudroiement des poussières colorées, coulent le miel et le lait de ce Canaan dont sont faits ses pastels.

En traitant de l'atelier comme un motif privilégié et récurrent - non seulement les ateliers successifs qu'il a occupés à Paris, rue du Champs de Mars et rue de Crussol, puis rue Vinceni-Morris à Malakoff, mais aussi l'atelier Bellini de taille douce où les lithographies ont été tirées, et l'atelier de certains amis comme celui du sculpteur Raymond Mason, Szafran est revenu à l'un des thèmes les plus riches que la peinture en Occident ait créé.Ombres portées - Quand on voit Szafran manipuler les découpages en zinc des feuilles, puis en appliquer la forme au papier, en tracer les contours sur les calques en papier bleu, on songe aux stratagèmes des montreurs d'ombres chinoises et des marionnettes javanaises.C'est tout un apologue qui est mené de feuille en feuille sur l'abus des sens, sur l'illusion et sur la vacuité essentielle des apparences. La ligne serpentine - Très tôt, dès ses premiers dessins, Szafran se prend aux séductions de la ligne serpentine.

Extraordinairement élégante, par exemple dans la série des Rocking-chairs, celle-ci claque sur le papier, se déroule avec ampleur, délimite, impérative, la frontière entre la lumière et la nuit.Qu'importe qu'elle s'appuie sur un objet réel pour inscrire sa course, le bois courbe d'un fauteuil Thonet, les enroulements d'un banc de Gaudi ou la rampe sinueuse d'un escalier.

Ce ne sont là que prétextes à un jeu abstrait, d'une parfaite maîtrise, qui anime l'inanimé et qui donne, dans la vibration de la flagelle, la puissance de la vie à l'inerte. Jean Clair, Directeur du Musée Picasso-Paris, est le commissaire de l'exposition et l'auteur du catalogue de l'exposition.

Le catalogue de l'exposition Szafran est largement documenté avec des textes de présentation, biographie, bibliographie ainsi que toutes les œuvres exposées qui sont reproduites en couleurs (CHF 45.-, environ € 30.-).

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Sam Szafran
L'Atelier rue de Crussol avec fildefériste, boîtes de pastel et réflexions Pastel Février 1972 104 x 75 cm cm Collection particulière Jacques et Anne Kerchache


Sam Szafran
Feuillages avec portrait Pastel Octobre 1971 120 x 80 cm Galerie Jacques Elbaz, Paris


Sam Szafran
Au Cinéma Fusain 1966 125 x 95 cm Collection particulière, Jacques et Anne Kerchache