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Offrandes aux Dieux d’Egypte

Organisé par The Metropolitan Museum of Art, New York
17 mars – 8 juin 2008
Tous les jours de 10h à 18h

Au printemps 2008, la Fondation Pierre Gianadda présentera l’exposition Offrandes aux Dieux d’Egypte. Cet événement est le fruit d’une nouvelle collaboration avec la prestigieuse institution The Metropolitan Museum of New Art de New York. Après les expositions : Le Metropolitan Museum de New York, chefs-d’œuvre de la peinture européenne en 2006, Les Trésors du Monastère Sainte-Catherine du Mont Sinaï en 2004 et De Matisse à Picasso, collection Jacques et Natasha Gelman en 1994, Offrandes aux Dieux d’Egypte ouvrira ses portes à Martigny, le 17 mars 2008, après une étape à New York du 16 octobre 2007 au 18 février 2008. C’est la première exposition jamais consacrée à ces œuvres fascinantes, encore énigmatiques.

Au cours de leur longue histoire, les anciens Égyptiens ont utilisé le cuivre, le bronze, l’or et l’argent pour créer une flamboyante et élégante statuaire de métal, qui s’inscrit dans le vaste système de relations qu’ils entretenaient avec leurs dieux – depuis les drames rituels représentés dans les temples et les sanctuaires jalonnant le paysage jusqu’aux processions des fêtes à travers villes et campagnes, où se pressaient les croyants.

Quelque soixante-dix statues et statuettes en métaux précieux et en alliage de cuivre (dont le bronze – alliage de cuivre et d’étain) seront exposées, recouvrant une période de plus de deux millénaires. L’exposition amènera à la Fondation Pierre Gianadda des chefs-d’œuvre du monde entier, dont sept grands bronzes d’un type extrêmement rare, incrustés et décorés, datant de la première moitié du premier millénaire av. J.-C., plus précisément de ce qu’on appelle la Troisième Période intermédiaire (1070-664 av. J.-C.), l’apogée de la métallurgie égyptienne. Parmi ceux-ci figure l’étonnante statue de la prêtresse et noble dame Takoushit, trésor de la collection égyptienne du Musée national archéologique d’Athènes. Mesurant 70 centimètres de haut et est couverte d’une lumineuse résille de figures divines et de symboles divers en métal précieux. Cette œuvre n’avait jamais auparavant quitté la Grèce.

La compréhension de la statuaire en bronze et en métal précieux de l’Egypte ancienne pose des questions particulières et de véritables défis. Déposées avec révérence après un long usage et enterrées sous les temples dans de grands dépôts, les statues ne portent souvent aucune inscription et ne livrent guère d’informations contextuelles. La statuaire de métal révèle aussi un panorama quelque peu surprenant de l’art égyptien, car elle témoigne de structures de production, d’un environnement social et culturel différents de ceux que nous connaissions pour les créations en pierre, qui nous sont plus familières. Ainsi la représentation de Hepu, grand personnage du royaume (Musée archéologique national, Athènes), avec sa chevelure naturelle – et non pas avec la traditionnelle perruque – le désigne comme un membre d’un groupe à la visibilité nouvelle, probablement un soldat des guerres du Nouvel Empire (v. 1550-1478 av. J.-C.). Grâce aux études récentes des statues métalliques, les chercheurs ont pu élaborer de nouvelles grilles de lecture pour l’histoire de l’Egypte ancienne, et enrichir en retour leur connaissance de ces œuvres d’art.

L’exposition illustre une compréhension renouvelée du développement et des types de la statuaire métallique à travers les siècles. Une attention particulière est portée à l’époque du plein épanouissement de cet art, la Troisième Période intermédiaire, dont le qualificatif – « intermédiaire » – apparaît bien mal correspondre à l’importance artistique qui est la sienne.

Si l’Ancien Empire (v. 2575-2100 av. J.-C.) offre de remarquables créations métalliques, l’usage du cuivre et de ses alliages – dont le bronze, pour les statues des dieux et des rois – émerge sensiblement au Moyen Empire (v. 2040-1650 av. J.-C.), en raison peut-être du patronage royal qui s’affirme de plus en plus sur les temples. La figure de la jeune princesse Sobeknakht berçant son fils nouveau-né (Brooklyn Museum of Art) est particulièrement touchante. Sous les puissants et riches pharaons du Nouvel Empire, qui étend ses relations diplomatiques et prend une importance croissante dans le commerce international, les temples voient s’accumuler les richesses, dont la plupart sont aujourd’hui perdues et ne sont connues qu’à travers des représentations. Le rusé crocodile se métamorphosant en objet rituel richement incrusté et le grand et terrible Seth présentés à l’exposition comptent parmi les raretés de cette période (Musée du Louvre, Paris et Ny Carlsberg Glyptothek, Copenhague, respectivement). À la même époque, les séries de rois agenouillés (The Metropolitan Museum of Art, University of Pennsylvania Museum of Archeology and Anthropology) marquent l’intérêt croissant de la royauté pour les grandes cérémonies religieuses publiques. Ces œuvres prenaient probablement place dans des reliquaires en forme de barque, munis de brancards et portés par les prêtres, de sorte que la figure divine, abritée sous un baldaquin et masquée par des tentures, pouvait se risquer au dehors, dans les processions des jours de fête, parmi les bousculades de la ferveur populaire.

Les pièces surprenantes qui occupent le centre de l’exposition furent réalisées durant la Troisième Période intermédiaire (v. 1070-664 av. J.-C.). Les dissensions politiques et l’instabilité des croyances religieuses donnèrent alors une nouvelle importance aux temples. La petite statuette en or du dieu Amon, avec sa démarche souple et déliée, offre une image saisissante de la divinité. Les couleurs étincelantes, l’animation des cérémonies religieuses qui entouraient ces images divines sont perceptibles à travers les grandes figures des rois Pedubaste et Pami (Museu Gulbenkian, Lisbonne, et British Museum, Londres, respectivement) et celles des dames de haut rang, dont Takoushit, instrumentistes ou choristes, affectées au service des temples et qui tenaient compagnie aux dieux. La décoration figurative élaborée du corps des statues est un trait caractéristique de la période. Si l’ornementation de la statue de Takoushit était peut-être destinée à créer un espace cultuel autour d’une figure divine qu’elle accompagnait, c’est Osiris, le dieu de l’Au-delà, et ses symboles qui viennent parer le corps d’une autre grande statue féminine (Ägyptisches Museum und Papyrussamlung, Berlin). L’usage subtil des alliages et de leurs nuances, entre autres techniques, est l’expression d’une technologie sophistiquée, inséparable de la qualité artistiques de ces statues.

Durant la Basse Epoque (664-323 av. J.-C.) et la Période ptolémaïque (323-30 av. J.-C.), les temples accumulèrent d’immenses pouvoirs. Bien qu’un royaume unifié fût rétabli, c’est l’identification du roi, dans les temples, à l’enfant des grands dieux qui maintint son prestige à travers toutes les vicissitudes politiques du premier millénaire av. J.-C., marqué par de fréquentes invasions et un consensus intérieur précaire. Des images sculptées du roi Amasis, aux traits doux et enfantins – dont la figurine agenouillée, présentant son offrande aux dieux (The Metropolitan Musuem of Art) ainsi qu’une tête portant un collier appartenant à un objet cultuel (Musée égyptien, le Caire) – expriment de façon exquise cette conception de la royauté. Les oblations individuelles, apparues dès la Troisième Période intermédiaire n’ont cessé de se développer par la suite. Il en résulte de prodigieuses quantité de statues, dont la variété atteste un art plein de vitalité produit dans différents sites et sensible à diverses influences.

L’exposition apportera des explications sur la place et l’usage de la statuaire dans les temples, à partir d’éléments fournis par les statues elles-mêmes ou bien grâce à des témoignages archéologiques. Les textes anciens ont livré des prescriptions rituelles concernant le traitement de statues cultuelles, apparemment uniques et spécifiques, qui étaient nourries, habillées, à qui l’on présentait des offrandes de bijoux et qu’on protégeait contre les dangers de la nuit. Des bracelets et des colliers miniatures en or confirment directement ces pratiques, et certaines statues ont conservé des traces lisibles de leur emplacement et de leurs déplacements durant les cérémonies rituelles. Mais de fait, les milliers et les milliers d’œuvres qui furent enterrées dans des dépôts sacrés échappent à toute explication linéaire et simple. De nouvelles découvertes archéologiques – tel le petit Harpocrate du Metropolitan Museum, un doigt pointé vers sa bouche, provenant de Saqqara – jettent un éclairage nouveau, à la faveur des interprétations qui en sont données, sur l’étendue du phénomène des offrandes de statuaire divine dans l’Egypte du premier millénaire av. J.-C. Ainsi une découverte récente a-t-elle révélé des centaines de ces dons, du plus raffiné au plus fruste, soigneusement entreposés dans une chapelle, au plus profond d’un temple. Un chapitre du catalogue y sera consacré, même si leur fonction ou leur statut demeurent obscurs ; le temple, en fait, acceptait et conservait toutes ces statuettes comme dépositaires de l’existence des dieux.

Le commissariat de l’exposition est assuré par Marsha Hill, Conservateur du département des Antiquités égyptiennes, The Metropolitan Museum of Art, New York.

Le catalogue de l’exposition reproduit en couleurs toutes les œuvres exposées. Prix de vente CHF 45.– (env. € 30.–).
Billet combiné RailAway/CFF: 20 % de réduction sur le voyage en train, le transfert et l’entrée à la Fondation. Disponible à votre gare et auprès de Rail Service 0900 300 300 (CHF 1.19/min). Plus d’informations sur www.railaway.ch

L'exposition Offrandes aux Dieux d'Egypte
La Collection Franck,
Le Parc de sculptures,
Le Musée gallo-romain,
Le Musée de l'automobile

sont ouverts tous les jours de 10 h à 18 h du 17 mars au 8 juin 2008


L'Egypte de Monique Jacot
En partenariat avec la Médiathèque Valais - Martigny, exposition d'une centaine de photographies de Monique Jacot réalisées lors d'un séjour de six mois au pays des Pharaons.



Avec le soutien d'UBS